Après de longs et loyaux services, le D70 accusait le poids des années et se devait d'être remplacé. Le nouveau modèle se nomme D80 et entend donc prendre sa place en visant le marché des amateurs exigeants. Ce n'est plus une simple mise à jour mais un modèle réellement nouveau aux ambitions certaines. Comment se situe-t-il face à une concurrence de plus en plus nombreuse et affûtée ?
Bonne nouvelle : le D80 est compact et léger. Autre bonne nouvelle : il offre une excellente prise en main ! Dans la course au plus petit, plus léger, il n'y a pas que des gagnants et on peut saluer la réussite de Nikon sur ce plan. Le D80 a la taille du D50, un poids qui ne dépasse que de quelques dizaines de grammes celui des modèles très grands plus public mais intègre tous les éléments de contrôle et de commande qu'on ne trouve que sur les modèles experts ou semi-professionnels. Esthétiquement, pas de révolution : on retrouve les lignes habituelles et les signes distinctifs de la marque avec toutefois un dessin un peu plus fluide marqué, par exemple, avec la disparition des angles sur le prisme pourtant encore présents sur un modèle récent comme le D200. Doté du même capteur dix mégapixels que ce dernier, le D80 lui a été immédiatement comparé et s'est vu rapidement affubler du titre de "petit D200". Et il faut bien constater, comme nous le verrons, qu'il reprend bon nombre d'éléments essentiels de ce dernier, ce qui lui assure une certaine avance sur la concurrence... En revanche, il n'a ni le même niveau de fabrication ni sa multitude de fonctions et de réglages. Ce dernier point devant être regardé comme un avantage pour une utilisation grand public : bon nombre d'amateurs s'étant offert un D200 ont connu des débuts difficiles en raison de la difficulté à configurer et utiliser convenablement cet appareil complexe.
Conception : du sérieux !
Dans la perspective d'un prix plus faible et d'une grande simplicité d'utilisation, les reflex grand public font souvent des concessions par rapport à ce qui est réellement pratique pour l'utilisation, surtout par un photographe expérimenté qui ne se contente pas de la position verte tout auto où l'appareil s'arrange lui-même des paramètres techniques, la part humaine se limitant au cadrage et à la pression sur le déclencheur. Ainsi, il est bien agréable d'avoir un écran supérieur pour configurer son appareil et disposer en permanence de toutes les informations sur les paramètres de prises de vue et aussi de deux molettes pour pouvoir typiquement changer rapidement les paramètres essentiels de prise de vue que sont la vitesse et le diaphragme. C'est ce que l'on trouve en haut de gamme et chez les professionnels et c'est aussi présent sur le D80 avec lequel on ne se sentira donc pas immédiatement renvoyé vers l'amateurisme plus ou moins indigent. Les commandes sont globalement classiques. Certaines sont reprises des boîtiers récents comme le D200 (éclairage de l'écran, touche fonction personnalisable en face avant), d'autres sont originales. Ainsi, la sélection du mode de déclenchement et du mode AF se font par touches séquentielles. La familiarisation avec ce boîtier sera rapide.